Max ~ Sarah Cohen-Scali

«19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler !»Max est le prototype parfait du programme «Lebensborn» initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Date de sortie : 31 mai 2012

Éditions :  

Prix : 8e15 en poche

Autant vous prévenir tout de suite : j’ai eu un mal fou à rassembler et ordonner mes impressions sur ce roman donc il se peut que ce ne soit pas bien efficace comme chronique. Mais, sans surprise, vous voyez par vous mêmes qu’il s’agit d’un coup de cœur, au moins, pas de suspense à ce niveau ^_^ Maintenant, reste à savoir si je vais m’en sortir pour exprimer mon ressenti !

Déjà, je voudrais souligner la base du récit, c’est-à-dire l’existence des Lebensborn. Sous le régime national-socialiste d’Hitler, nous avons d’un côté les camps d’extermination et de l’autre les Lebensborn et tout ce qui s’ensuit (les jeunesse Hitlériennes etc.) On est en plein eugénisme : l’objectif est de débarrasser le Reich des éléments jugés, par le régime, inférieurs, impurs (juifs, tziganes, homosexuels, handicapés) pour le peupler de représentants de la race dite supérieure, la race aryenne. Tout ça vous est familier si vous avez ouvert les oreilles pendant les cours d’histoire. Difficile de ne pas connaître les bases du nazisme.

Mais cette couverture... Elle est juste le résumé du livre à mes yeux. Choquante (bien entendu), mais criante de vérité, agressive, attendrissante (on se dit “pauvre fœtus déjà endoctriné“), dérangeante, percutante. Parfaite pour le récit qu’elle contient.

Bon, ceci étant dit, imaginez le premier bébé du programme Lebensborn, imaginez qu’il soit doté d’une conscience, d’une intelligence et qu’il s’adresse à vous. Imaginez que sa première décision soit de naître le 20 avril, comme son “père”, le Fhürer. Imaginez que la sélection ait démarré bien en amont, quand sa mère, ou plutôt : sa génitrice, a été mesurée, pesée, photographiée etc. en vue de s’accoupler avec le haut du panier du régime, un soldat de la SS. Imaginez que ce bébé, cet enfant, ce produit bio 100% aryen, sorte du ventre de sa mère en tendant le bras bien droit et criant “Heil Hitler !” Ok, là, je m’égare un peu, mais c’est ça ! C’est là l’essence même de Max !

Nous sommes face à la réalité : ces enfants, ces jeunesses Hitlérienne, étaient conditionnées dès le plus jeune âge pour n’accepter qu’une vérité : celle du Fhürer. C’est un aspect qu’on connaît, plus ou moins, mais qui n’avait jamais été adapté en roman historique en étant autant creusé de ce côté-là (à ma connaissance) Max est un symbole à lui tout-seul, c’est la représentation de ce que la propagande nazi a pu faire parmi ses pires actions.

Lorsque Max né, il s’appelle Konrad, et il est convaincu que les juifs sont de la vermine à exterminer. Il est convaincu que le programme Lebensborn est ce qui pouvait lui arriver de mieux.

Certaines personnes ont été choquées par le personnage de Max, il dérange, ce n’est qu’un fœtus ! Ce n’est qu’un enfant ! Mais c’est pourtant criant de vérité et c’est ça qui dérange, je pense. Il faut passer outre, il faut se placer de manière à comprendre que Max, aussi totalitariste (ça existe ça comme mot ?) soit-il, aussi pro-nazi s’exprime-t-il, n’est qu’un symbole qui permet à l’auteure, d’une plume de maître, de faire passer un message et d’exposer (après de longues recherches, ça se sent) les dommages que le nazisme et l’eugénisme ont pu causer auprès des enfants du parti. Car, les enfants, sont par nature “innocents”, ils représentent normalement la pureté… Pureté qui est ici mise au service de la race dite supérieure par les nazis puisqu’il est aisé des pervertir un enfant en lui inculquant une “vérité”. L’enfant fait confiance, ne se pose pas trop de questions, il a son référent adulte et il prend souvent pour argent comptant ce qu’on lui dit, sans chercher plus loin. L’enfant est une victime idéale pour Himmler, big boss de la SS, et son programme de purification.

Je parle, je parle… mais il y aurait tellement à dire encore que je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Oui, il est dur. Oui, ça remue des événements moches dont on n’a pas envie de se rappeler. Mais c’est le devoir de mémoire qui entre en jeu.

Surtout que, non, nous n’avons pas à faire à un énième récit sur la 2nde guerre mondiale. Ici, c’est LE récit de Max, et si vous ne deviez en lire qu’un, à mon sens, ce serait celui-là. C’est un roman, attention, même si des faits sont inspirés, voire retranscrits, de la réalité et l’histoire. Mais c’est un roman qui approche le sujet d’une façon qui ne peut vous laisser indifférent.

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