Le sel de nos larmes ~ Ruta Sepetys

Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte de la mer Baltique devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhelm Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…Ruta Sepetys révèle la plus grande tragédie de l’histoire maritime, qui a fait six fois plus de victimes que le Titanic. Cette catastrophe méconnue lui inspire une vibrante histoire d’amour, de courage et d’amitié.Lumineux, captivant et bouleversant d’humanité.

Date de sortie : 16 juin 2016

Éditions :  

Prix : 8e65 en poche

Difficile de réussir à retranscrire ce que ce livre m’a fait ressentir.

C’est vraiment une claque, une énorme claque et donc un coup de cœur, bien sûr.

La façon dont l’auteure aborde des sujets délicats et dramatiques comme c’est le cas ici, est à mon avis la clef. À aucun moment elle ne tire sur la corde du pathos, au contraire, elle rapporte des faits, non pas froidement, mais sans essayer de nous provoquer des larmes.

Le récit est rythmé, très fluide, et si l’alternance de 4 points de vue peut intimider, on s’y fait très rapidement. Car les 4 personnages principaux ont des personnalités très différentes, des situations très différentes, et il est impossible de les confondre. Alors on se met à les suivre, tout naturellement, et il est très difficile de reposer le livre après l’avoir démarré.

Les chapitres sont courts et, avec l’alternance, ça impose à l’histoire un rythme qui ne faiblit jamais et déroule les événements presque sans laisser au lecteur le temps de reprendre son souffle. On s’attache à Joana, réfugiée lituanienne autorisée en Allemagne, Florian, en provenance de Prusse-Orientale, Emilia, polonaise, et Alfred, militaire allemand.

Il y a aussi les personnages secondaires, les étapes du périples, les vérités qu’on n’a pas envie d’entendre, mais que l’auteur fait passer sous notre nez sans forcément s’y attarder. Comme si elle se contentait de participer au devoir de mémoire et de nous rapporter des faits. Voilà, ça, ça se passait comme ça, ça ne nous plaît pas ? Tant pis, parce que c’était comme ça. Et on enchaîne.

Quand on démarre le livre, on sait que ça ne peut pas être une fiction pleine d’arcs-en-ciel et papillons dorés, forcément : on parle de la seconde guerre mondiale. Bien entendu que c’est moche et dur et que ça prend aux tripes. Mais il y a des auteurs qui s’y frottent et se ramassent, et puis il y a ceux, comme Ruta Sepetys, qui savent trouver les mots justes pour raconter une histoire, l’Histoire, et donner envie, une fois le livre fermé, de partir à la recherche de plus amples informations.

D’ailleurs, la note de l’auteure, à la fin, est très intéressante. Elle explique également comment elle a mené ses recherches, et on sent, au fil de la lecture, que c’est en effet extrêmement bien documenté. Elle n’a rien laissé au hasard et a posé son scénario par-dessus celui que les hommes avaient déjà créé. Naturellement, on s’imagine alors parfaitement que ces personnages de fiction ont pu exister, réagir comme dans ce livre, évoluer, avancer… Ruta Sepetys donne des “visages” à ces inconnus du passé, et elle le fait bien. Parfaitement bien.

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2 réponses à Le sel de nos larmes ~ Ruta Sepetys

  1. AvatarLouve alpha dit :

    Merci Fleur pour cette jolie chronique qui me pousse à tenter la découverte.
    Bisous

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