La petite mort de Virgile. Christian Rauth

Qui est dans le cercueil de Virgile Santos ? Quand le commandant Perrot déclare que les assassinats commis en quelques semaines dans sa ville sont l’oeuvre d’un serial killer, il est loin d’imaginer qu’il a assisté quelques jours auparavant à l’enterrement de son tueur en série. Quand Virgile Santos meurt dans un terrible accident de voiture, Gina Santos est loin d’imaginer que son mari avait décidé de l’emmener au bout du monde à peine quelques semaines après sa mort. Quand Timon Barthès, expert en arnaques aux assurances vie, est mandaté pour retrouver un directeur d’usine devenu SDF suite à une décision de justice inique, il est loin d’imaginer qu’il va retrouver Virgile Santos, officiellement décédé, sur sa route. Destins croisés de trois hommes que seul l’amour fou pour une femme va réunir, à la vie à la mort.

Date de sortie : 12/09/2019

Editions :

Prix : 21e en broché et 9e99 en numérique

 

 Contrairement à ce qu’il avait espéré en entamant sa course, il n’arrivait pas à faire le vide. Impossible d’oublier ses emmerdements. Il le savait : il allait droit dans le mur.

 

L’amour, ce sentiment si fort qu’il nous emporte, qu’il fait battre nos cœurs à l’unisson et nous rend totalement béats. Seulement voilà, l’amour aussi puissant soit il peut également s’avérer dévastateur et provoquer bon nombre de catastrophes. Avec « La petite mort de Virgile », Christophe Rauth nous dresse le portrait d’hommes et de femmes dévoués prêts à tout pour l’être aimé.

Dès les premières pages, j’ai senti que l’auteur tissait une toile dont il serait bien difficile de s’extraire et qui me demanderait une analyse assez poussée de la situation scabreuse dans laquelle il m’avait projetée. On retrouve un nombre assez impressionnant de protagonistes, mais à aucun moment nous ne perdons le fil tant la personnalité de chacun et son rôle à jouer dans ce texte sont détaillés. L’histoire s’étoffe, les questions s’immiscent dans notre esprit et on pose assurément un regard différent sur les événements au fil des chapitres qui défilent.

Il faut dire que Timon Barthès est un homme intéressant et qu’il retient l’attention. Son travail le mène à explorer plusieurs pistes et c’est en sa compagnie que l’on passe de rencontre en point de vue à la recherche d’indices et d’informations afin de résoudre l’enquête qu’il dirige.

J’ai particulièrement apprécié la narration de cet ouvrage, la facilité avec laquelle on rebondit d’un personnage à l’autre. C’est un choix qui apporte beaucoup de dynamique à l’ensemble et qui permet au lecteur de s’immerger dans les faits et de prendre en compte les tenants et les aboutissants de l’histoire. Entre Angoulême, Paris, Göteborg et Sao Paulo, le récit passionne et nous entraîne à la découverte d’une passion folle, émouvante et destructrice.

Cet ouvrage se découpe en deux parties, recelant chacune de nombreux points à prendre en compte pour comprendre l’ampleur de la supercherie. D’ailleurs, la seconde est plus rythmée, plus centrée sur les réelles motivations de chacun. On s’aperçoit alors des connexions qui se sont créées, des sentiments qui ont émergé et surtout de la rude bataille que tous ont menée. C’est un jeu tordu, un scénario macabre, une partie d’échec et mat que nous offre l’auteur avec toute la tension et tout le danger que ce genre de roman peut conférer. Attendez-vous à des révélations, à des rivalités et à des rebondissements particulièrement prenants.

« La petite mort de Virgile » m’a permis de passer plusieurs heures divertissantes en compagnie de Timon, Gina, Virgile, Perot et les autres, sous l’œil avisé de Tony Soprano. J’ai aimé la plume avisée de Christian Rauth, sa façon d’amener les choses et de nous plonger au cœur des événements. Il exploite les émotions de tous les acteurs de son texte pour en faire ressortir le meilleur, mais également le pire. Une seule réflexion me vient en refermant ce roman : le jeu en vaut-il réellement la chandelle ? C’est à vous d’en juger à présent.

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2 réponses à La petite mort de Virgile. Christian Rauth

  1. AvatarRAUTH dit :

    Bonjour, merci Aurelia pour votre très gentille critique! Juste une remarque: la question finale : “le jeu en vaut-il la chandelle”, concerne-t-elle les enjeux du personnage, ou la lecture du roman? Une ambiguïté qui m’inquiète un peu… Cordialement. CHRISTIAN RAUTH

    • Aucune ambiguïté Christian sur la question. Je voulais juste attiser la curiosité du futur lecteur. Pour ma part j’ai passé un très bon moment et j’espère que votre livre conquerra un grand nombre de lecteurs. Cordialement. Aurélia

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