Je ne suis pas seul à être seul – Jean-Louis Fournier

“Mon répondeur est vide, pas de message, personne à qui répondre.
Ceux qui m’appellent me demandent toujours s’ils me dérangent. Qu’ils sachent une fois pour toute : on me dérange quand on ne m’appelle pas. 
Hier, j’ai reçu trois coups de fil. 
À 12H32, on voulait me vendre une cuisine. 
À 15h11, c’était la mairie qui m’appelait, à cause de la canicule, pour savoir si tout allait bien. 
À 16h03, c’était une erreur. “

Avec son humour et sa douce mélancolie, Jean-Louis Fournier signe un récit délicat, tendre et espiègle sur la solitude, un livre qui ressemble à un dessin de Sempé et à une musique avec plus d’accordéon que de violoncelle.

Sortie : le 02/10/2019
Prix : Ebook 13€99 / Broché : 19€

Éditions : Jc Lattès

Un livre sur la solitude, on ne l’écrit pas à quatre mains. On ne peut pas se faire aider. On doit être seul.
Ça tombe bien, je suis seul, devant ma page blanche. Il sera court, comme je souhaiterais ma solitude.

Aujourd’hui est venu pour moi le temps d’affronter un énorme défi : celui de chroniquer, de décrire du mieux que je peux mon ressenti sur ce livre.
Donner un avis sur une histoire n’est déjà pas une chose aisée, puisqu’il s’agit de mettre des mots sur un ressentis personnel, donner l’envie ou non de découvrir un livre sans pour autant trop en dévoiler.
Pour “Je ne suis pas seul à être seul”, l’exercice se complique…

Ceci n’est pas un roman. Enfin, j’entends par là qu’il ne s’agit pas d’une histoire tissée dans la tête de l’auteur, avec des héros principaux, et d’autres secondaires, non…
Ce récit est plus personnel, délicat et empli de pensées des plus complexes, des plus humaines.

Je n’ai pas de résumé à vous décrire, je n’ai pas de jugements à porter puisque ce sont les mots d’un homme, d’un homme seul qui ne veut plus être seul, qui souffre d’être seul, mais qui aime aussi un peu, quand-même, la solitude.

“Je ne suis pas seul à être seul” sont des pages noircies de textes courts, de moments de vie, ceux auxquels on ne voudrait plus penser, ceux qu’on ne voudrait jamais oublier, de réflexions quant à la vie, à la multitude, à la solitude.

Parce que même un solitaire peut soudainement ressentir avec hargne le poids qu’est la solitude.
Une femme décédée, une mère partie trop tôt pour un enfant, et puis moins d’amis, plus d’attention, plus de chaleur humaine.
Les journées toujours plus longues que les précédentes, les appels souhaités qui ne viendront pourtant jamais, les “on se rappelle” dans le vent, les “ à la prochaine!” qui ne se réaliseront pas.

J’ai aimé ma lecture, sincèrement.
Déjà, grâce à la plume sincère et poétique de l’auteur, et puis, surtout, parce que je fais partie de ces gens entourés qui se sentent incroyablement seuls au fond d’eux-mêmes. Parce que j’ai conscience qu’une fois la page des réseaux sociaux fermée, chacun mène sa vie, sans me laisser une place dans la leur. Parce que la solitude bienvenue mais toutefois dérangeante, je connais.

En réalité, je pense avoir beaucoup de pensées similaires à l’auteur, et en refermant ce livre, j’ai eu ce sentiment de tristesse qui m’a envahit, cet énorme pincement au coeur, malgré le sourire qui étirait mes lèvres.
Alors, n’oubliez pas d’appeler vos proches, de leur rendre visite, de ne pas leur dire que vous passerez les voir dès que vous auriez du temps, mais d’y aller. Qu’ils soient jeunes ou vieux, qu’ils soient adorables ou pas…
Personne ne mérite de vivre cet acerbe bouffeur de bonheur qu’on nomme la solitude.

Ce fut pour moi, une magnifique et douce lecture.

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