Les filles du 17 Swann Street – Yara Zgheib

D’abord, c’était le chocolat. Puis le fromage, les frites, et aussi la glace. Le pain, ça n’avait pas été facile. Mais si elle pouvait maigrir encore un peu, elle aurait une chance d’être sélectionnée pour danser un solo. Oui, si elle faisait un peu plus d’efforts, si elle s’entraînait un peu plus dur… elle serait peut-être enfin à la hauteur.

Anna Roux était danseuse au ballet de l’Opéra de Paris quand elle a décidé de suivre l’homme de sa vie aux États-Unis. Seule face à ses angoisses – l’imperfection, l’échec, la solitude –, elle est emportée dans la spirale de l’anorexie mentale, et finit par ne peser que 40 kg. Contrainte de se faire soigner, elle est admise au 17 Swann Street, une maison rose où des femmes aux visages fantomatiques s’efforcent de vaincre leurs troubles alimentaires. Des femmes comme Emm, la cheffe du groupe ; Julia, toujours affamée ; ou la discrète Valérie. Ensemble, elles combattent leurs démons et affrontent six repas quotidiens. Chaque bouchée est une épreuve. Chaque calorie un déferlement de culpabilité. Et chaque pas vers la guérison réclame une force et une bravoure peu communes, qu’Anna va devoir trouver auprès de ses amies du 17 Swann Street.

Sortie le : 02/10/2019
Éditions : Jc Lattès

Prix:  ebook 15€99 / broché : 22€

L’anorexie n’est pas présente dans ce souvenir. Je pouvais encore apprécier la texture de la pâte feuilletée, savourer le moelleux du chocolat. Aujourd’hui, ce souvenir a un goût amer. En réalité, il n’a aucun goût. Mes papilles gustatives sont HS. Après des années de restriction, mon cerveau – au prix de très gros efforts – ne peut plus identifier que trois saveurs : salé, sucré, et carton. 

Anna est danseuse quand elle rencontre Mathias, son futur mari.
Elle est belle, sportive, et pétillante malgré les drames de son enfance mais surtout, elle est prête à tout pour décrocher un solo.
Pas assez mince, dit son professeur, pas assez douée pour l’avoir, ce solo de danse.
Puis la chute, la blessure qui anéantira son rêve de gosse.
Alors, quand elle quitte Paris pour suivre son époux en Amérique, c’est avec ténacité qu’Anna se convainc de reprendre du poil de la bête, de perdre du poids, de devenir parfaite pour obtenir une place dans les troupes de danse classique qui arpente les Opéras de Saint-Louis. 


Une fois les chocolats, les matières grasses et les glucides évincés de son alimentation, c’est au tour du reste. Plus de pain, plus de burgers végétariens, plus de produits laitiers.
Son poids devient une occupation, prends une ampleur incommensurable sur sa vie, devient une obsession. 


Anna n’est plus Anna.
Elle n’est plus que cette fille trop mince, que cette nana qui cherche un nouveau mensonge pour échapper aux repas, qu’une femme qui cherche des excuses pour éviter tout ce qui la confrontera à la nourriture.
Anna n’est plus que son anorexie.

Une chute, encore, un nouvel évanouissement ; celui de trop, celui qui réveillera Mathias, qui l’obligera à reprendre les armes pour mener son combat auprès de sa femme.
Il faut qu’Anna se fasse aider, il faut qu’elle se soigne.
Le rendez-vous au 17 Swann Street est pris, et bientôt c’est dans ce centre, entourée de filles souffrant de troubles alimentaires divers, qu’Anna devra comprendre sa réalité pour espérer s’en sortir, pour ne pas mourir.

Ce livre, traite d’un sujet assez lourd. Non seulement il parle de l’anorexie, mais aussi d’autres troubles alimentaires comme par exemple, la boulimie. 
J’ai aimé chacune des pages de ce roman, chacune puisqu’elles m’ont permise de découvrir cette maladie, tous les inconvénients qu’elle amène, les soucis de santé qu’elle traîne avec, ces angoisses que ressentent les personnes qui sont touchées par celle-ci quand elles sont devant une assiette au menu imposé, mais pas seulement…

Anna est une femme que la vie n’a pas épargnée. Sous son sourire des fois forcé, des fois enjoué, j’ai décelé en elle une personne courageuse, audacieuse, triste aussi, mais tellement belle de par ses fêlures, prête à se battre contre elle-même, pour ne pas perdre les siens.
Parce que oui, Anna est chanceuse : elle a un mari qui l’aime, un père loin des yeux mais proche du coeur, des rêves auxquels elle ne croit plus vraiment mais qui ne sont pas irréalisables.
Les autres personnages du livre sont tout aussi attachants que l’héroïne principale, je me suis prise d’affection pour chacune d’entre elles, je me suis sentie très proches de ces filles bousillées qui tentent de se reconstruire, qui essaient d’apprendre à se re-nourrir convenablement. 

Je recommande cette lecture aussi douce que son personnage, je la recommande puisqu’elle n’a cessé de m’épater, de me faire réfléchir, de me faire grimacer tant la complexité des émotions est à son comble.

 

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Une réponse à Les filles du 17 Swann Street – Yara Zgheib

  1. AvatarLouve Alpha dit :

    Superbe chronique qui m’a poussée à ajouter cette très belle histoire à ma PAL.
    Merci beaucoup

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