Le Mâle-heureux- Kévin Acezat

Heureux. Oui heureux, voilà ce que j’étais il y a encore quelques semaines de cela.  Ce bonheur, ce sourire qui ne me quittait plus je les lui devais à Elle, à Elle qui a fait se mélanger nos vies pour n’en faire qu’une, pour que nous ne fassions qu’un. Cette fusion des corps et sentiments, des mots devait nous conduire jusqu’à une tombe commune. À croire qu’aujourd’hui rien n’est immuable puisqu’Elle m’a quitté. S’ensuit une ère post-Elle faite de colère et d’amertume, de rapports épidermiques avec de jeunes femmes interchangeables. L’alcool là pour m’aider à oublier qu’Elle m’a oublié. Le coeur ne porte pas de gilet pare-balles, il est en première ligne. Comment faire pour surmonter cette épreuve, pour voir à nouveau le jour se lever ? Dois-je me battre ou le combat est-il déjà perdu par avance ?  

Date de parution : 23 octobre 2019
Editeur : Librinova
Prix : ebook 0,49€ / Broché 14,90€ 

Aujourd’hui, c’est notre anniversaire et je suis en deuil. Mon coeur n’a plus rien à célébrer. Se souvient-elle seulement du jour que nous sommes ? J’en doute. Samedi 09h15 j’entame mon premier verre, à la tienne salope. Je pensais réussir à la diluer dans le corps d’autres femmes mais c’est chose vaine. Impossible de l’extirper de moi-même et de cicatriser. 

Hier, j’ai tourné la dernière page de ce livre, un léger sourire sur les lèvres parce que la fin, est magnifique.
Écrire cette chronique va être pour moi un exercice complexe, parce que réellement, au fond de moi, je ne sais pas quoi penser de ce roman.

Je ne sais pas si je suis subjuguée par la plume de l’auteur, ou si je suis agacée quant aux comportements de ces hommes. Je ne sais pas. Et dans le fond, est-ce une mauvaise chose ? Non…
Car je ne pense pas non plus qu’il soit néfaste d’être dans le brouillard concernant l’idée qu’on peut se faire d’une histoire …

La plume de l’auteur, parlons-en justement ! Celle-ci, fait partie de celles que j’aime lire, découvrir. Elle est directe, brute et sans détour. Mieux encore, j’ai aimé certains passages “philosophiques”, ceux qui décrivent parfaitement l’humain tel qu’il est. J’ai adoré les jeux de mots. L’écriture est simple, et tellement faite de complexités à la fois, qu’elle fait sourire, qu’elle désarme, qu’elle harmonise le tout de façon éblouissante.

J’aurai, cependant aimé moins de vulgarité. Si d’ordinaire, elle ne me gêne pas, ici, je l’ai trouvé assez mal dosée. Il y en avait énormément, trop, et quasiment tous les dialogues comportent des obscénités qui pour moi, sont inutiles.

Ensuite, et c’est là que ma conscience se chamaille avec moi-même : le contenu !

Le protagoniste subit une rupture. Il est évident qu’il a la haine absolue contre cette femme qui l’a quitté, qu’il a le coeur brisé et que, malgré son envie d’aller de l’avant, il n’y parvient pas. Il sombre dans l’alcool, sort beaucoup, est assez bien entouré de ses amis, et surtout se perd dans la consommation de sexe.

Ma conscience me dit : c’est crédible. C’est juste, c’est choc, c’est réaliste. Profiter de la vie sans s’attacher, prendre ce qu’il y a prendre chez les autres, ne rien donner en retour, si ce n’est ce plaisir charnel partagé. Ne surtout pas s’attacher. Le sexe et les sentiments, ce n’est définitivement pas compatible. Assumer ce que l’on est et ne pas assumer ce que l’on ressent.
Et puis, Meloé, toi tu n’es jamais sortie en boîte, tu ne connais rien de cette vie-là, et surtout ! Tu n’es pas dans la tête d’un mec… Voilà… Sauf que…

Là où je suis assez dérangée, c’est dans la façon qu’ont ces héros de voir les femmes. J’ai eu cette impression qu’ils ne les considéraient pas. Elles ne sont juste que des bouts de viande, rien que ça. Et eux, les rois de l’univers.

En vérité, je ne pense pas qu’il existe autant de filles (jeunes, moins jeunes et plus vielles) qui soient prêtes à écarter les jambes, comme ça, juste pour le fun, ou pour quelques billets.
Quant à Sophie, je ne lui ai pas trouvé le même charme que le protagoniste, je l’ai trouvée “vulgaire”, et ces réparties sont dignes des amis du héros, ce qui m’a décontenancé.

Voilà, voilà… Je me parle à moi-même, me disputant avec mon moi intérieur quant à mon ressenti.
Et je suis perdue, littéralement, entre l’avalanche de sexe et de ressentiments, et la plume renversante de l’auteur, ces idées et son écrit juste et choc ; et l’histoire des héros qui est, en fin de compte, très bien menée. Il y a une évolution du héros, il y a un événement qui va le pousser à dépasser ses peurs et ses idées. Et j’ai aimé cela.

Pour moi, Kevin Acezat est un auteur à découvrir, à suivre. Je suis même certaine que ces prochains écrits pourraient me plaire.
Le mâle-heureux est roman à lire !

 

 

 

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