C’est juste un collègue de Margherita Gabbiani

Ma main reste au-dessus de mon téléphone. Je retourne la chose pour la millième fois dans ma tête. est-ce que j’ai vraiment envie de faire ça? Non, me crie la raison. Oui, me hurlent les petits papillons qui s’agitent dans mon estomac. 

J’aime lire le genre de roman qui me fait m’interroger sur ce que moi, je pourrais, saurais ou ferai, si… Et à n’en pas douter, dans mon cas, « C’est juste un collègue »  fera partie de ces romans-là.

Nombreuses décisions dans une vie sont dirigées par nos émotions. Personnellement, je me suis rendu compte combien la société « jugeait “bien plus facilement que ce qu’elle n’‘agissait ‘: qu’il est facile de dire : ‘moi je… ‘ d’autant plus si on n’a pas vécu réellement la même chose que la personne que l’on juge ; et à bien y réfléchir, de quel droit ? Comment est-ce possible, sachant que chaque circonstance est unique…

L’auteur ici nous présente une multitude de situations, avec des variantes, toutes plus humaines, les unes que les autres. Ce dont j’ai été le plus surprise, en débutant ma lecture, c’est la facilité avec laquelle la plume de l’auteure m’a permis de me projeter dans les sentiments et ressentiments de chacun des personnages… Oui, oui ! Tous autant qu’ils sont ! Que ce soit à partir d’un trait de caractère, d’une éducation, d’un environnement familial, d’un vécu, d’une attente, d’un confort… Ils ont tous une particularité, qui m’a permis d’éprouver un sentiment fort à une certaine ligne, et de comprendre leurs actions à d’autres. Mais attention, ressentir et comprendre, ne signifie pas pour autant opiner à tout.

Margaux est une jeune femme fraîchement fiancée à Jean, mais avec qui elle est en couple depuis des années… Elle vient de commencer un nouveau travail ; il vient d’accepter plus de responsabilités… Ils vivent dans le même appartement, mais s’y croisent seulement… Logiquement, un des deux sera victime et l’autre coupable… La bienséance et l’éducation les prédéterminent… Et pourtant ? N’est-il pas facile de se placer en victime lorsque l’on met la tête dans le sable pour ne pas voir ? Est-on coupable de ne pouvoir lutter contre ses sentiments ? Où se situe la différence entre culpabilité et faute ? Détermination et laisser-aller ? Abandon et impuissance ? Choix et évidence ?

Aventure – ou mésaventure ?

Lorsqu’on rencontre la bonne personne, qui peut juger ?

Tout ce qui me semblait évident dans ma vie est à présent éclaté en mille morceaux.

Dans ce roman, personnellement je ne peux pas dire y avoir trouvé de ‘bon ‘ou de ‘méchant ‘ de gentil ou de sang-cœur, de victime ou de coupable… mais plutôt des personnages qui se complaisent dans une routine, qui ne dialoguent plus, par manque de temps, par peur… des personnages qui s’autorisent, qui s’interdisent, qui se perdent, qui se trouvent… Qui se trompent… De chemin ? De personne ? Eux-mêmes ? Les autres ? Les deux ? Se trompent-ils ou s’égarent-ils ?
La vraie vie quoi !

C’est un roman, où nombre de sentiments s’opposent, tels que attirance et frustration, manque et solitude, nouveauté et routine, caprice et raison, aventure et amour.
C’est un roman, où le quotidien est réel, les réactions authentiques, les rebondissements prenants et entrainants.
C’est un roman, où j’ai vogué tranquillement, j’ai désiré, j’ai joué, j’ai gagné, j’ai perdu, j’ai souffert, j’ai aimé… Dont les personnages m’ont émue, énervée, mise en colère, attristée, emballée… Ils m’ont fait pleurer, sourire…
C’est un roman, où je me suis questionnée… Et si… ? Qu’aurai-je fait ?
Et vous ? Que feriez-vous ?

Alexia

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