Calder & Eden, Tome 1 de Mia Sheridan

Il me prit par la main. Au-dessus de nos têtes, la lune projetait son éclat doré sur tout ce qui nous entourait et l’air tiède caressait mon visage. Face à moi se tenait l’homme le plus magnifique que j’avais jamais vu, celui que j’aimais depuis toujours et qui me rendait tout cet amour. Tout autour de moi, la nuit bruissait de miracles, petit et grands.

Le premier roman que j’ai lu de Mia Sheridan a été « Archer’s voice » (d’ailleurs si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous le conseiller). Depuis ce jour, depuis cette découverte, à chaque sortie de l’auteur, je suis au rendez-vous. Vous me direz, pourquoi avoir attendu un an avant de lire « Calder & Eden » dans ce cas ? Il s’agit là d’une duologie, et fait est avéré aujourd’hui, que je gère très mal la frustration d’attente entre les tomes. J’ai donc patiemment attendu la sortie du tome 2, pour la débuter. À sa sortie, plusieurs romans traitant du même sujet ont été publiés, et j’ai donc mis « Calder & Eden » de côté attendant le bon moment. Il y a des auteurs qui ont besoin de leur moment pour être lus, en tout cas en ce qui me concerne, et Mia Sheridan en fait partie. Elle est une auteure que je ne lis plus à la légère… Elle a cette plume qui m’emporte dans un monde de douleur souvent avec une empreinte de forte candeur, mettant à mal toutes mes émotions, mon cœur et mon entendement…

Ces quelques jours de vacances m’ont offert cet instant, me permettant de partir à la rencontre de Calder et d’Eden, et de me plonger dans leur histoire. Et quelle histoire !

Avec ce premier tome, on fait la rencontre de deux enfants innocents… Il est évident que tout enfant est innocence, mais ici on lit une histoire si improbable et pourtant empreinte de tant de vérités, que malgré notre entendement, on ne peut que succomber. Les dialogues si enfantins, et candides m’ont fait maintes fois sourire. La découverte de deux adolescents et de leur corps va être d’un érotisme pur et beau. Mais derrière toute cette beauté qu’ils dégagent ensemble, l’horreur d’un monde de discriminations, d’interdictions, d’esclavagisme, d’endoctrinement : la cité d’Arcadie.

Calder et Eden y vivent. Il s’agit d’un territoire où une communauté religieuse y est dirigée par un homme qui y a instauré multitude de règles et de règlementations.
Si Calder est né à Acadie, Eden y est arrivée à ses 7 ou 8 ans. Calder ne connaît aucune autre vie que celle-ci, mais c’est un enfant particulièrement intelligent, perspicace qui va finir par s’interroger quant aux croyances qui y sont partagées, aux vérités qui y sont véhiculées… Un incident en particulier va l’inciter à douter… Cet évènement ne sera pas sa rencontre avec Eden, non, cette dernière va tout simplement définir son avenir.
Eden a peu, ou pas du tout, de souvenirs de sa vie d’avant Arcadie. Ils ne vivront pas dans les mêmes sphères, pourtant, un regard, un seul, le jour de son arrivée, et, entre eux deux, ce sera fusionnel. Eden définira Calder comme « bon et protecteur, patient et drôle, fort, gentil et merveilleux “. Si ça, ce n’est pas de l’amour à 10 ans ! Mais voilà, tout rapprochement, toute interaction leur ait interdit… Différence de castes évidemment… Chose qu’il est inconcevable pour Eden qui ne va pas l’entendre de cette oreille. Elle n’aura de cesse que de se rapprocher de Calder, le bousculer, l’intriguer, et même le soudoyer avec des caramels. Il va finir par l’appeler sa ‘belle de jour : aussi jolie qu’une fleur et aussi résistante qu’une mauvaise herbe ‘. Et qui peut résister à une telle beauté ? De jeux, en cachoteries, puis en rencontres secrètes, leur Amour va grandir, les submergeant.
Certains des personnages secondaires tels que Maya et Xander vont prendre aussi une place plus qu’importante dans leur histoire, son dénouement, sa finalité, son issue.

Avec cette histoire, Mia Sheridan va traiter de nombreux sujets difficiles. La différence, elle l’aborde avec beaucoup de douceur, d’amour, de tendresse, de petits gestes symboliques. Les croyances, l’endoctrinement, l’assujettissement sont, quant à eux, les fondements de ce roman. J’aime les lectures qui me font m’interroger sur l’intellect des personnages et inconsciemment me font interagir avec eux, alors qu’il est clair comme de l’eau de roche qu’ils ne peuvent entendre mes questionnements : ‘comment pouvez-vous croire cela ? Comment pouvez-vous douter de ça ? Comment pouvez-vous vous fier à cette personne et vous méfier de cette autre ? ‘
Mais ce sera surtout l’Amour dont il sera question dans ce roman… De celui qui rend heureux, qui rend triste, qui fait peur, qui fait douter, pour lequel on pourrait se perdre, tout perdre, mourir et surtout sans lequel on ne peut survivre, et pour lequel on ne veut que vivre.

C’est un fait, j’ai retrouvé la plume de Mia Sheridan avec délectation… Entre les scènes drôles, poignantes, érotiques, on ressent peur, douleur, désir. Mot après mot, j’ai suffoqué prise entre espoir et désespoir. Et je me suis entièrement noyée dans l’épilogue… J’aurais aimé que le point final de ce tome apporte soulagement, mais ‘les choses ne se passaient jamais comme ça. ‘Et j’admets être d’ailleurs plus que soulagée de savoir que je vais pouvoir poursuivre leur histoire. Que leur réserve leur avenir ? Cet amour fusionnel qui coule dans leurs veines sera-t-il assez puissant pour balayer tous les obstacles, les malheurs, et les épreuves et leur permettent enfin d’atteindre la source de paix à laquelle ils aspirent ? Comme aime Eden a le prier : que le ‘Dieu de la miséricorde ‘se penche sur leur destin ! Pour ma part, je me penche de ce pas, sur le tome deux.

Alexia

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