Love & Pretenses de Amy N. Lewis

Tous ces mensonges pour arriver où nous en sommes. Deux êtres qui ne se détestent pas totalement dans le fond, mais qui sont trop fiers pour faire un pas vers l’autre.

À quelques jours près, je vous parlais l’année dernière de la première sortie de Amy N. Lewis, « Love After The Dark », l’histoire de Bradley et Abby et où j’avais découvert Hayden et Lola, leurs deux meilleurs amis.
Aujourd’hui, je referme « Love & Pretenses » où j’ai pu suivre cette fois Hayden et Lola dans leurs émotions et la construction de leur histoire, qui semblent enlisées dans bien des difficultés. Elles seront d’ailleurs la particularité de ce roman, à mon sens, car, pour changer, les personnages et leurs sentiments seront plus à l’origine de leurs problèmes que les aléas extérieurs.

Lola ? « Elle a des formes à faire damner un saint. Un caractère bien trempé qui remet en place quiconque lui manque de respect. Et elle est d’une gentillesse touchante, quand on cherche un peu plus loin que la carapace qu’elle s’obstine à avoir. “Cette carapace qui la rend intouchable, inatteignable et handicapée à tout rapprochement ou sentiments amoureux, elle l’entretient depuis des années, et n’est pas prête à la mettre de côté, même pour de beaux yeux verts.
Hayden? ‘Des yeux verts envoutants ‘… En fait, c’est juste Lola, en version mâle !
Vous imaginez donc très bien ce que ces deux réunis peuvent provoquer en mode ‘carapace ‘. Ils aiment maîtriser toute situation, et alors que l’un rend l’autre vulnérable et fragile, ils vont devenir dangereux l’un pour l’autre, car n’est-il pas évident pour tous sauf pour eux-mêmes, qu’ils sont ce dont ils ont besoin ?
Mais ce besoin de contrôle sur leurs émotions est ce qui les dirige. Paradoxal me direz-vous, pour deux êtres qui prônent la liberté de leurs émotions et de leur choix, de se retrouver sous l’emprise d’une censure en sentiments amoureux.

Ce roman est un vrai match de boxe. Ici pas 12 rounds, mais 3 parties. Chacune apporte une pierre à l’édifice de leur histoire, révélant un secret différent et faisant évoluer nos personnages, tous deux marqués par un événement du passé prenant l’ascendant sur leur présent et les éloignant de tout avenir hors de leur contrôle. Coups bas, coups en traître, coups blessants et d’autres mettant KO. Le match va être sans pitié, et pourtant à chaque coup, leur cœur se rapproche un peu plus, et saigne encore plus.

Je me souviens très bien des merveilleuses joutes verbales de Lola et Hayden, mais aussi de la dualité de leurs sentiments l’un pour l’autre dans ‘After the Dark’. Ici, Amy N. Lewis ne va pas moins les épargner et dès les premiers chapitres, elle va exacerber tous ces bouleversements émotionnels… Et inexorablement, on va se laisser porter… Des joutes verbales qui font sourire, rire, mais aussi serrer un cœur, et entrer dans une émotion douloureuse, car on ne peut que noter toute cette hésitation, cette peur, mais aussi cette fierté, ce besoin de liberté qui suintent à travers leurs échanges. Rapidement, je n’ai plus noté le nombre de fois où je me suis adressée à Lola, et à Hayden, en leur disant : vous ne voulez pas qu’on décide pour vous, mais décidez-vous !
Mais voilà, leurs décisions étant toutes sous la coupe de secrets et de prétextes, ce serait souvent ‘deux pas en avant, et trois en arrière ‘… À maintes fois, je les aurais bien secoués… Mais heureusement, lorsque commence la troisième partie, ce sera un tsunami de révélations, de face-à-face, de décisions à prendre et à assumer qui vont les obliger à non plus à s’observer, mais à se regarder ! Fini les faux semblants, les apparences trompeuses, les omissions, les déformations de vérités, les mensonges ! Mentir pour se protéger que ce soit de manière offensive ou défensive, mentir par honte de soi ou de ce que l’autre pourrait percevoir, mentir pour croire plus facilement le mauvais et s’éviter ainsi toute souffrance.

Tous ces sentiments contradictoires, qui se battent en moi, soumettent mes nerfs à rudes épreuves ‘dixit Lola, et pourtant je vous assure que c’est exactement ce que j’ai ressenti aussi durant ma lecture. Vous est-il déjà arrivé d’être attiré par un couple secondaire et de vouloir connaître leur histoire ? De l’attendre à la fois impatiemment et patiemment ? Eh bien Lola et Hayden a été ce couple pour moi. Mais il est possible que j’aie été trop impatiente au final, et tellement avide de connaître leur histoire que le début m’a paru un peu long. Je voulais tellement savoir, comprendre et les voir heureux, que cet empressement a certainement rendu le début de ma lecture un peu frustrant. Mais comme à son habitude, Amy N. Lewis, ne laisse pas au hasard certains mots, placés ici et là toujours à bon escient. Et mon empressement a fini par se temporiser et se caler peu à peu sur ses mots ; et j’en ai d’autant plus apprécié son point final.

S’il y a bien quelque chose que ce roman m’a rappelé, c’est combien aimer (viscéralement, passionnément, démesurément) peut-être à la fois salvateur, mais aussi destructeur. Que lorsqu’on ne peut cloisonner ses sentiments et quand la dérision déborde, il est plus facile de se noyer que de se sauver. Que la fierté fait certes avancer, mais aussi emprisonne. Et qu’aucun prétexte n’est assez fort contre un amour évident ! L’accepter est plus un acte de courage que de perte de contrôle. Car le contrôle est dans ce que l’on offre et non dans ce que l’on reçoit. Et Amy N. Lewis saura bien lever le voile sur tous ces faux-semblants.

Si vous n’avez pas lu ‘After the Dark’, ‘Love & Pretenses’ peut tout à fait se lire indépendamment, mais à mon avis ce serait bien dommage, car pour mon plus grand plaisir, Bradley et Abby y sont bien présents et plus qu’actifs dans cette histoire en se partageant la flèche de cupidon pour leurs amis ! Mais à vous de découvrir qui l’attrapera en premier, et ce qu’ils en feront…

Alexia

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