“La Section Némésis, Tome 3“ de Charlie Genet

Comment peut-on être prêt à s’oublier pour l’autre?

Me voilà de retour au « Parc de Kenai, en Alaska “avec ce troisième tome de la Section Némésis. Bon, en vrai, c’est plutôt en Écosse qu’il se déroule, et j’ai apprécié ce changement de décor, même si soyons honnête côté météo et grands espaces, ça ne change pas trop. Mais à n’en pas douter, le côté Scottish et cosy de Nairn a apporté pour ma part un souffle d’air frais sur ma lecture. Un souffle ? Peut-être bien plus que ça, car soyez assurés, si l’ambiance en Alaska des premiers tomes était déjà bien ténébreuse, celle en Écosse l’est encore plus.

Petit rappel : je me suis embarquée avec la section Némésis dès le premier tome ; le tome 2, et surtout le personnage de Sean, m’avait transportée.
En refermant ce troisième tome, il va m’être difficile de reprendre pied, car je me suis littéralement envolée. Parfois, il tient à peu de choses qu’une histoire vous plonge dans une lecture si intense que l’on s’oublie… Je ne me suis pas oubliée dans ce tome, mais je m’y suis trouvée : un battement de cœur à l’unisson avec celui d’un des personnages, et pour moi c’est le coup de cœur assuré.

Il est toujours difficile de parler de l’histoire d’un troisième volet (la peur de trop raconter et spolier étant toujours présente) surtout lorsque l’auteure fait de sa saga en quatre tomes, une vraie toile d’araignée, où tout se déboite pour mieux s’emboiter.
Mais si je devais résumer ce tome en une phrase ce serait qu’il est à la croisée des chemins et donne la direction.

L’équilibre de l’univers entre le bien et le mal est quelque chose de bien précaire, et il semblerait qu’il subisse nombre de tourments au fur et à mesure des chapitres.
Tout comme chaque être, le balancier doit son équilibre à un vécu, une affectivité, un environnement. Et si le trouver parait plutôt à portée de main, le conserver est une tout autre chose et aventure.

Ici, ce sera l’aventure de Amy. Elle est de la section Némésis, la plus jeune, la plus frivole, semblerait-il… mais qui a dit que seul l’âge offrait la maturité d’une vie ? Un comportement d’enfant, ne signifie pas pour autant qu’on ne le soit encore et toujours… Se pourrait-il que faire prévaloir son côté enfantin, insouciant, épicurien soit une manière de barricader toutes les émotions dont elle se sent submergée ? Car Amy est un tourbillon d’émois. Elle nous emporte dans ses distractions, appétences, effervescences et souffrances. À cause de son passé, à cause de ses rencontres, à cause de ce qu’elle se refuse à faire… Non, elle n’est pas capricieuse. Non, elle n’est pas irréfléchie. Elle veut seulement être maître de sa vie, et non assujettie à une quelconque emprise de sa Nature. Ses souffrances, ses cicatrices ont fait d’elle ce personnage si insaisissable. Un peu volage.

Mais voilà, un certain Henry risque de la faire atterrir, et ce de manière bien chaotique.

Avec ce personnage masculin, Charlie Genet a introduit dans son histoire toute cette part d’humanité qui me manquait un peu sur les précédents tomes. Et sans même que je m’en rende compte elle a inversé la balance, l’équilibre… en rendant les êtres surnaturels et surpuissants bien plus affaiblis, bien plus démunis qu’un simple être humain. N’est-ce pas là la force de l’homme ? Son humanité ? Sa propension à ressentir et faire ressentir ? À aimer ? L’Amour… ce sentiment bien complexe, puissant, et aussi éblouissant que destructif. Le ressentir est au-delà de tout entendement, mais vital.
L’amour détruit autant qu’il fait vivre et ressentir.

Henry est un personnage masculin comme je les aime. Fiable, honnête, droit. Il a un côté macho parfaitement dosé ; il connait ses limites et les assume ; avec son flegme ‘very scottish ‘et son côté ‘old school “, il est irrépressiblement séduisant, attirant et captivant… tout du moins à mes yeux. Il sera ma plus belle et grande surprise de ce roman (je ne m’aventurerai pas à dire de la saga, n’ayant pas encore lu le dernier tome).

Sa rencontre avec Amy, au départ très frivole, va changer bien des éléments naturels et surnaturels. Charlie Genet, à travers la découverte l’un de l’autre, va éclaircir nombre de points qui m’étaient encore restés incomplets ou obscurs. À eux deux, ils vont faire la lumière sur certaines décisions, sur certaines réactions, sur certaines émotions, mais surtout sur le passé, et pas uniquement celui d’Amy, mais aussi celui bien plus lointain de certains êtres dont la présence va être enfin dévoilée et expliquée.

Avec ce tome, Charlie Genet et sa plume en guise d’épée, a su poser des mots simples sur des réactions et des sentiments d’une telle complexité qu’ils sont difficilement explicables, envisageables ou acceptables. Elle m’a rappelé, que les mots, glissés çà et là, que ce soit à travers la voix d’Amy comme celle d’Henry, ont une puissance que l’on a parfois tendance à oublier ; et que grâce à eux, l’inenvisageable, l’incroyable ne l’est peut-être pas autant que ce que l’on croit, ou pense croire.

Si ce tome est surprenant, il annonce assurément un quatrième bien épique dont j’ai hâte de découvrir le dénouement final.

Alexia

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