“Love & Rehab“ de Jay Crownover

Ni lui, ni moi n’avions envie d’être ici. Ni lui, ni moi n’avions envie de prendre la responsabilité de cela sauver.

J’ai découvert Jay Crownover avec le premier tome de « Bad – T1 : Amour interdit » et depuis elle fait partie de ces auteures que j’aime lire lorsque je souhaite être bousculée dans mes émotions. Elle est de celles dont le personnage principal n’est généralement ni gentil ni mauvais ; et qui vous font adorer ça ! Je suis consciente que c’est un avis très personnel, sachant que généralement on parle de personnages sortants de prisons, évoluant souvent en limite de la légalité et surtout addicts à toutes sortes d’adrénalines particulièrement néfastes… mais, je pense qu’ils essaient juste de se débattre entre la notion de bien et de mal, en fonction de ce qui leur a été donné au départ…

Alors bien évidemment, on ne peut pas dire que l’environnement privilégié de Cable, personnage principal masculin de « Love & Rehab » soit un si mauvais départ… Et pourquoi pas ? C’est bien connu que l’argent ne fait pas le bonheur ? Car si c’était le cas, Cable serait bien différent… Avec des parents aisés, « joli garçon, du genre beauté sauvage “ il pourrait être le parfait ‘garçon privilégié ‘. Mais il semblerait qu’il soit plutôt un jeune homme pourri gâté, capricieux, instable, insouciant, égoïste, en bref : un ‘opportuniste ‘‘agressif et mauvais ‘.
Sa popularité au lycée n’avait d’égal que son argent : démesuré. Il était le garçon à connaître, le garçon avec qui trainer, le garçon avec qui coucher.

Mais si, comme Affton, on y regardait vraiment, scrupuleusement, on y verrait un jeune homme perdu, empreint à ses émotions ne sachant quoi en faire pour les dompter, si ce n’est les endormir d’une manière ou d’une autre… sexe, drogue et alcool, peu importe l’addiction.

L’addiction… c’est le thème principal de ce roman. Un thème difficile, où l’auteure va faire s’affronter différents partisans : ceux qui jugent, ceux qui compatissent ; ceux qui rejettent la faute, ceux qui se l’accaparent ; ceux qui détruisent, ceux qui reconstruisent. Mais, quels qu’ils soient, tous en souffrent…

C’est une lecture qui est remplie de questionnement, de remises en situation, d’introspections sur les aprioris personnels, mais aussi sur les jugements extérieurs, tout en laissant au lecteur la possibilité d’y chercher et d’y trouver lui-même sa réponse.

C’est à travers le personnage d’Affton, en sa compagnie et à ses côtés, que je suis partie à la recherche de cette réponse : pourquoi ? Désespérément…
Son passé se télescopant avec son présent, si au départ elle pensait être contrainte, elle va réaliser qu’en acceptant la proposition qui lui sera faite, sa quête personnelle pourrait aboutir. Celle pour laquelle elle a orienté toute sa vie, aussi bien d’étudiante en vue de son futur professionnel, que personnelle pour enfin garder le contrôle sur sa vie. Mais qui pourrait conserver ce contrôle face à un Cable résigné ?

Comme à son habitude la plume de l’auteure m’a plongé dans les ténèbres les plus obscures de ses deux personnages principaux, car, que ce soit bien clair, l’un comme l’autre vont se battent pour garder le cap et s’en sortir… Affton et Cable vont exposer à travers cette histoire l’intensité du verbe vouloir et la capacité de chacun à pouvoir quelque chose. Vouloir n’est pas toujours suffisant : ne peux pas toujours celui qui veut…

Vouloir et pouvoir aider ; vouloir et pouvoir sauver ; vouloir et pouvoir aimer…

Que l’on soit mère, père, fils, fille, ou ami(e), il n’est pas si évident de juger de ses capacités en effet miroir. Accepter de vouloir quelque chose ou quelqu’un n’est pas plus facile que de pouvoir s’engager sur un chemin responsable. L’un comme l’autre, ce doit être une démarche profondément et personnellement désirée. Mais, il y a des évidences que même les désirs, quels qu’ils soient ne peuvent entériner… Et ne peut-être sauver celui qui ne le veut pas…

L’addiction prend tout, jusqu’à ce qu’il ne te reste plus rien. C’est une chose avide et égoïste.

Les émotions de cette histoire sont fortes, car on peut tout comprendre, tout ressentir : l’injustice comme la résignation, le besoin de destruction comme celui de réparation, la colère comme l’empathie, le pourquoi comme le comment, et bien sûr, l’amour et tout ce qu’il peut apporter, mais aussi prendre.

Lorsque ‘Love & Rehab’ est paru, je savais au fond que cette lecture serait bouleversante. Plus que la thématique, tout l’émotionnel en découlant ne peut laisser indifférent. Et en refermant ce roman, lorsque j’ai découvert l’introduction, et que je l’ai lu, c’est comme si l’auteur m’insufflait une révélation : et si l’assemblage de vouloir et pouvoir n’était autre qu’essayer ?

Face à une addiction, que l’on soit passif ou actif, peu importe, on n’en ressort jamais indemne. Personnellement, j’admets être addicte à la plume de Jay Crownover, et c’est une certitude : j’adore ne pas en ressortir indemne.

Alexia

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