Socrate’S Shadow de Haley Riles

La vie est une véritable roulette russe dans laquelle rien n’est acquis.

Ce n’est plus un secret, je succombe souvent en tout premier lieu à une couverture avant de lire le résumé. D’ailleurs, à la question : quel genre de couverture t’attire ? Il m’est difficile de répondre, car au final c’est très visuel et très personnel… un élan du cœur tout simplement, je crois…
Et celle de « Shadow’S Secret » n’a pas fait exception.
Une réelle dualité entre ombre et lumière, énigmatique avec un brin d’arrogance laissant transparaître aussi une certaine fragilité. Et que dire de la mise en avant, à mon humble avis, sublime, de la lettre S, à laquelle, après ma lecture, je pourrais y rattacher nombre d’adjectifs, tels que : Secret, Sarcastique, Saisissant, Survivant, Serein, Solide, Sensible, Séduisant…

Sans oublier, Sombre… Bien évidemment !
Dès les premiers mots du prologue, on sombre dans des images… je dois dire que pour moi, ce fut une lecture très photographique, où le passé en noir et blanc percutait le présent tout en couleurs… des couleurs froides et chaudes, faisant voyager de Montréal au Panama. Et quel voyage ! Magnifique, splendide, envoutant ! Tout du long, j’aurais aimé pouvoir prendre un billet et suivre les personnages à travers leur déplacement entre travail et vacances, gratte-ciel et plage, neige et soleil.

À travers ce roman, on va faire la connaissance de Socrate, un jeune homme ayant trouvé en cette île qu’est Bocas del Toro, une terre d’adoption et un semblant d’équilibre. Un homme à la philosophie bien particulière :

« Être seul et ne dépendre de personnes, ça, c’est la vraie vie. Aucune contrainte, à part moi.

À première vue, Socrate est ‘arrogant et sûr de lui ‘. Il ‘prend la vie comme elle vient ‘en profitant pleinement, que ce soit au fond d’un verre d’un bon whisky, d’une femme qui s’offre à lui, ou d’un instant d’apaisement en se laissant happer par la mer caribéenne. Insensible, indifférent, égoïste, écœurant… Tout pousse à le détester…
Mais voilà… Personnellement, j’ai adoré qu’il soit à ce point entier.
Il ne se donne pas de style, ne fait pas semblant, ne perd pas son temps. Il dit ce qu’il a dire. Il fait ce qu’il a à faire… sans se soucier de l’autre, sans prendre de gants et surtout, il assume pleinement ses paroles et ses actes.

Exécrable ? C’est très certainement ce qu’il devrait être à sa lecture… Pour autant, il n’en reste pas moins énigmatique… Au point que lorsqu’il s’adonne à sa passion, la photographie, je me suis demandée, qui se cache derrière quoi ? Les fêlures ou les sourires ? Le mépris ou les égards ? La photo en noir et blanc du passé, ou celle haute en couleur du présent ? L’image donnée ou l’image prise ?
Mais surtout qui saura regarder avec suffisamment de perspicacités, qui saura se focalise sur la faille, pour trouver et voir la véritable image ?

Dans toute sa splendeur, sans artifice, sans filtre.

L’auteure saura d’autant plus attiser la curiosité en entremêlant au récit nombre de flash-back poignants et flouant certaines actions et réactions du présent.

Un présent dans lequel Socrate va faire la connaissance de Kaya, fraîchement mariée à Allan. Les deux hommes semblent avoir une relation particulière que Kaya n’arrive pas à s’expliquer ou à cerner.

Après une relation de cinq années, qui a permis à Kaya de retrouver une vie dont l’équilibre avait été chamboulé par un évènement dans sa jeunesse, ce mariage devait être l’aboutissement à sa quête de vie tout en ‘simplicité ‘. Et si on se rend compte au fur et à mesure des chapitres, que Kaya n’est peut-être pas aussi complète et transparente qu’il n’y parait, je me suis mise à douter quand à son moi profond. Qui est-elle au final et surtout en premier lieu ? Celle qui aime rire et faire la fête auprès de ses meilleures amies dont elle est inséparable ? Celle qui est posée et réfléchie auprès de son mari qui, à cause de son travail, s’éloigne ? Ou celle qui est submergée d’émotions lorsqu’elle affronte ce personnage insensible qu’apparait être Socrate ?

Se pourrait-il que Kaya et Socrate dans leurs différences se ressemblent bien plus qu’ils ne le pensent ? Qu’ils ne veulent bien l’admettre ?
Deux êtres décidés à profiter de la vie pleinement chaque jour ?
Deux êtres en quête d’équilibre ? Que ce soit dans le déséquilibre ou le contrepoids ? Qui devra et pourra ‘passer par-delà les apparences et les préjugés ‘de l’autre ?

Personnellement, j’ai trouvé quelques longueurs en début de ma lecture. Mais, il est indéniable qu’il s’agit là du temps que l’auteure a octroyé à ses personnages pour qu’ils effectuent leur cheminent nécessaire à leur prise de conscience personnelle. Remise en question, éclaircissement de part d’ombre et dévoilement seront leur aboutissement.
Un équilibre instauré au départ, quant à ma prise de position face aux personnages, va basculer au fur et à mesure de ma lecture : les sentiments tels que colère et empathie, compréhension et désarroi vont changer de camp. Si Socrate pouvait en deux phrases m’horripiler au début, Kaya m’a passablement agacée sur la fin au vu de certaines de ses réflexions. Mais c’est aussi ça qui rend une lecture vivante.

En tout cas, en cette période rendant tout un chacun un peu claustrophobe, un aller direction Bocas del Toro, magnifique île du Panama, à bord d’un vol dirigé par la plume de Haley Riles est une évasion assurée.

Ce décor est un véritable havre de paix.

À todos : Buen viaje !

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