Family Affair de Laetitia Romano

Mon cœur bat la chamade. Deux sentiments s’opposent en moi. La peur et envie.

C’est le premier roman que je lis de Laetitia Romano, et je dois dire que j’ai passé un très bon moment lecture. 

« Family Affair », comme le stipule clairement son titre, est une histoire de famille ; mais personnellement, je dirais qu’il s’agit, plus exactement, d’une histoire d’héritage familial. De celui qui procure pouvoir, respect, mais qui isole de l’amour et des autres, et qui peut faire perdre pied face à certaines réalités au détriment de profonds sentiments.

Le début de ce roman pourrait porter l’intitulé : « Bel homme rencontre jeune femme charmante et piquante dans lieu de vacances idylliques ». Oui, mais… quand est-il lorsque les vacances prennent fin ? Le lieu s’enlaidit-il ou les personnes, dans une ambiance moins festive, se dévoilent-elles différentes ? Et dans quelle mesure, cette différence peut-elle avoir un impact ? On se pose alors la question : la vision associée à l’ambiance est-elle une illusion donnée ou un fantasme imaginé ? 

Ceci dit, quelle que soit la réponse, soyons honnête, qui pourrait résister à Alvaro, un cocktail à la main, assis à la terrasse d’un bar pied dans le sable d’une magnifique plage de la République Dominicaine. Il est indéniable que l’apparence, mais aussi l’aura d’Alvaro ne peut laisser indifférente, en tout cas, ce ne fut pas mon cas.

« Il m’a envoutée. »

Ce qui, je l’admets, n’est pas très rassurant quant à mes choix, vous me direz, si vous avez lu le roman… car au fur et à mesure des chapitres, on découvre un Alvaro au quotidien, en affaires et en amour bien loin du gentilhomme bon sous tout rapport rencontré sous le soleil couchant. 

Mais voilà, il restera mon personnage préféré de ce roman. Probablement, car même s’il va prendre conscience de certaines choses et évoluer, il restera le même homme. Un homme, à qui on n’a pas offert un patrimoine, une famille, une vie, mais qui a été dans l’obligation de l’accepter ; à qui on a inculqué certaines règles, parfois à l’excès, et qui va s’évertuer à les appliquer et respecter envers et contre tout ; à qui on a enseigné à prendre et non à donner ; à qui on n’a certes pas appris à aimer, bien au contraire, mais qui n’aspire qu’à le faire…

Quelle personne dans ces conditions d’éducation et de formation, est-elle capable d’offrir de l’amour inconditionnel, et n’en vient pas à confondre la demande et l’exigence, la promesse et le sacrifice, l’offre et la soumission.

J’ai aimé que l’auteure ne le change pas en cours de route, qu’il reste qui il est, au plus profond de lui ; qu’il se batte corps et âme pour ses principes de bases, certes discutables pour certains, mais de son point de vue droits et indiscutables. 

Ici, la parole d’un homme est pure valeur. 

Alvaro m’a réellement émue. Il est probable que je me fourvoie, mais personnellement, je dirais qu’il est une victime de son héritage… Et même si en l’occurrence le mot victime peut paraître « trop », je reste convaincue que contraint de s’accommoder à son monde, et ne sachant pas agir différemment, faute d’avoir appris, il reste, au plus profond de lui, celui qui offrirait le monde à celle qu’il aime, et qui prend soin des siens et plus particulièrement de son petit frère.

Lynn est celle dont il est éperdument amoureux. 

Et si elle le voit « doux et attentionné », elle est aussi consciente que « quelque chose de dangereux émane de lui. » Quelque chose qu’elle ne sait pas, qu’elle ne connaît… quelque chose qui pourrait changer ces deux êtres, leurs vies… Qui pourrait faire évoluer leurs sentiments… Qui pourrait tout changer entre eux… j’ai eu un peu de mal avec Lynn au fur et à mesure de ma lecture. Car plus je lisais, et plus je me demandais : mais, a-t-elle vraiment cherché à savoir ? À comprendre ? À le comprendre ?

Quant au petit frère, il s’agit de Cruz. Si les deux frères se ressemblent physiquement, leur héritage familial étant différent, ils le sont tout autant. Ceci dit, Cruz semble représenter la part protégée d’Alvaro… et qui jusqu’à ce jour a été celui auquel il a su montrer le plus son attachement inconditionnel. Leur relation est forte, et m’a semblé plus que sincère l’un pour l’autre, mais aussi l’un envers l’autre. Mais voilà, quel lien peut résister à toute épreuve ? Qu’elle soit issue des affaires, de la famille ou de l’amour ?

Entre ces trois personnages, un jeu de force va s’instaurer, dont les règles auront pour valeur secrets, pouvoir, loyauté et amour.

« Family Affair » est une histoire d’amour. Un amour floué, un amour désiré, un amour donné, un amour subit, un amour pris, un amour promis… L’amour d’une vie…

Chacun des personnages va se battre pour son amour, par amour et avec ses armes…

Mais, l’amour peut-il tout vaincre ? Tout surmonter ? Tout accepter ? Ou les sentiments ne sont au final que le reflet de la raison de chacun autorisant ou non les sentiments ? 

« Dans la vie, on a toujours le choix… »

Probablement… Ceci dit, Laetitia Romano m’a rappelé qu’on ne fait pas toujours le bon, que ce soit pour soi ou pour l’autre. Pour autant, je suis certaine que lire « Family Affair » fut un très bon choix.

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