Bouquet Final de Tina Muir

Résumé:

Agnès est passionnée par la culture japonaise. Elle compose des bouquets inspirés de l’Ikebana et veut l’apprendre sur place. Ce rêve va devenir réalité grâce à Stella, vieille dame malicieuse qui l’emmène sur l’Ile d’Okinawa. En échange, Agnès devra imaginer un bouquet unique pour son amour de jeunesse mort pendant la Guerre du Pacifique.
Sur l’île, Agnès rencontre Simon. Né de père anglais et de mère japonaise, il dirige un hôtel de luxe. Simon considère Stella comme sa mère et voit en Agnès une intrigante à écarter rapidement. De l’hostilité naîtra une complicité puis un amour auquel ils ne s’attendaient pas…
Du Japon à l’Angleterre, Agnès, Stella et Simon feront face ensemble à leurs défis respectifs. Faire d’un rêve une réalité, achever le deuil d’un amour disparu et trouver l’équilibre entre deux cultures leur demandera beaucoup d’entraide, d’efforts et d’amour.

Date de sortie: 09/01/2019

Éditions: Librinova

Achat: 2,99€ en Numérique & 14,90€ en Broché

 

 

 

On ne choisit pas sa passion.

 

J’ai commencé « Bouquet Final » avec de fortes attentes, je dois l’admettre : tout ce qui a trait à la culture japonaise a eu une place importante dans ma vie et est devenu une sorte de berceau à l’apaisement dans mon cœur.

En refermant ce roman, je suis ébranlée. Tout y est, à sa place, dans le ton et la mesure, et respirant d’émotions. Il va m’être difficile de me défaire de ce sentiment de déjà vécu, alors par avance, j’appelle à votre indulgence.

La plume de l’auteur ? Je ne la connaissais pas, c’est le premier roman que je lis de Tina Muir, et assurément, ce ne sera pas le dernier. Car il va me falloir vérifier si toute la poésie de son roman est due à mon affection pour les chocs culturels dont elle raconte l’histoire, ou si ce fut une réelle rencontre livresque. Je ne suis pas particulièrement adepte de la narration d’un point de vue omniscient, et pourtant ici, je dirai que je l’ai trouvé particulièrement judicieux car très en accord avec la culture japonaise où sensibilité, humilité et respect de l’autre prédominent. Ce point de vue ne juge pas, il retranscrit en tout effacement, et ne permet pas au lecteur de réellement prendre parti, mais plutôt de se laisser porter par le récit de cette histoire, en appréciant toutes les subtilités et absorbant toutes les émotions.

De manière très ingénieuse via la rencontre de deux être de culture en apparence très similaire, mais à mieux y regarder diamétralement opposé, l’auteure va dépeindre un réel choc en la surface et la profondeur de l’âme ; entre ce qu’on laisse paraître, par habitude, conviction ou éducation, et ce que l’on ressent par soi-même, s’appliquant aussi bien à une différence de culture qu’une différence de personnalité, il y a souvent un monde.

Dans cette histoire, on va faire la connaissance d’Agnès, jeune Française, ayant fait des études de japonais, et rêvant de faire de sa passion pour l’art floral japonais, l’Ikebana, son avenir. C’est une jeune femme indépendante, qui ne prend jamais le chemin le plus facile pour arriver là où elle a décidé d’aller. Sur son lieu de travail, en France, elle va faire la connaissance de Stella, femme d’un certain âge, qui va lui faire une proposition que le cœur d’Agnès ne pourra refuser.
Via Stella, elle fera aussi la connaissance de Simon. Leur première rencontre sera bien houleuse, ils vont se méprendre, se défier, se provoquer. Mais de cette rencontre va naître un apprentissage qui pourrait faire renaître Agnès, et faire relativiser Simon quant à ses présomptions et attentes.

Au Japon on dit : chacun a un chemin, et rien n’y est mis qu’il ne puisse surmonter… Atteindre le haut du chemin est l’accomplissement de soi, que ce soit à travers sa vie familiale, professionnelle, mais aussi spirituelle. Simon et Agnès vont avoir nombre d’obstacles sur leur chemin, que ce soit personnellement ou ensemble : chacun d’eux a grandi dans un environnement différent, d’un niveau social différent, selon une culture différente, voire plusieurs cultures, mettant en lumière nombre d’attitudes parfois incompréhensibles l’un pour l’autre, mais tellement évidentes pour eux-mêmes. Et si à leur rencontre leur chemin sera bien différent l’un de l’autre, en se croisant, ils vont devoir choisir de poursuivre le leur individuellement, ou de se retrouver à mi-chemin pour en gravir un nouveau à deux. Il n’en sera pas plus aisé, ni moins parsemé d’embuches, mais pourrait être plus léger, du fait d’être partagé.

Cette histoire parle d’identité, de culture, de traditions, de modernisme, de distance géographique, mais aussi de celle que l’on s’impose, d’accomplissement de soi et de ses rêves… et bien évidemment d’amour. Un amour par delà le temps, par delà les frontières, par delà la culture, par delà les sentiments premiers.
C’est une magnifique histoire, toute en émotions, mettant en équilibre forces et faiblesses, afin retrouver sérénité et harmonie, où que l’on soit, lorsque l’on se sent chez soi.

Je finirai par un sincère merci à l’auteure, pour m’avoir rappelé combien une cérémonie du thé apaise l’hystérie du métro tokyoïte, où j’ai aimé me perdre et retrouver des sensations passées.

Pour les lectivores qui ne sont jamais allés au Japon, bienvenue au soleil levant sur les traditions ancestrales en opposition à la modernité ; pour les autres, soyez prêts à découvrir un nouveau chemin. Pour tous, il serait dommage de passer à côté de ce roman.

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